De Nosy Be à Ambilobe en passant par Ambanja : Gasy Stories, un projet street-photographique.
Si vous avez loupé le premier épisode, en voici un bref résumé: En mars et avril 2024, je me suis embarqué dans une aventure haute en couleurs en suivant un pote à Madagascar, avec pour projet un road-trip en moto 125, alors que je n’étais jamais allé en Afrique même pour un week-end à Marrakech et que je n’avais jamais fait de moto de ma vie. Peu de temps avant notre arrivée, un cyclone a ravagé toute la région que nous projetions de parcourir et le petit road-trip tranquille s’est transformé en une aventure assez extrême pour moi qui ne suis ni motard ni sportif. Assurément le voyage le plus fou que j’ai pu faire jusqu’à présent. Le récit de ce premier voyage est disponible sur le blog..
Je vous ai expliqué dans ce récit qu’en raison des conditions climatiques, nous avions dû amputer notre parcours de 50%, des régions entières étant devenues inaccessibles suite au passage du cyclone. Quelques mois après mon retour en France s’est posée la question suivante: où vais-je aller pour mon prochain voyage? J’avais envisagé plusieurs options mais Madagascar restait tout le temps dans un coin de ma tête. Dès mon retour, je savais que j’avais adoré ce pays incroyable, mais ce n’est que plusieurs mois après que le souvenir s’est transformé en manque, comme si cette expérience avait dû infuser en moi pour que je prenne la pleine mesure du voyage extraordinaire que j’avais vécu.
Photo prise au bord de la route au sud d'Ambanja.
Ce petit gars semble surpris de me voir dans les rues d'Ambanja.
Il y avait un goût d’inachevé suite aux nombreux obstacles infranchissables qui nous avaient fait modifier notre programme initial. J’ai donc décidé d’y retourner à une saison censée être beaucoup plus cool et plus adaptée à une grande balade en mobylette. Je n’ai pas cru bon de tirer les enseignements du premier voyage, je pense que n’importe qui aurait pataugé dans la bouillasse avec une moto à pneus lisses serait revenu avec l’intention d’utiliser une moto avec des pneus à crampons.
Mais mon budget ne me permettait pas forcément d’acheter une moto plus chère, je devais avoir un porte bagage pour transporter mes affaires, ce qui n’existe pas sur une moto-cross, et je n’avais pas le droit de piloter une cylindrée supérieure à 125 cm3. J’avais déjà prouvé que c’était faisable dans des conditions apocalyptiques, alors à la saison sèche cela devrait être (presque) une partie de plaisir. Comme mon projet était comme la première fois de revendre la moto avant mon départ, plus la moto était à bas prix, plus j’avais de chances de la revendre, car les malgaches n’ont pas forcément tous les moyens d’acquérir une machine onéreuse.
À Ambanja, on aime le vélo!
Il n’était pas possible de partir de nouveau avec l’ami qui m’avait “affranchi” lors du premier trip, alors j’ai tenté de trouver quelqu’un pour m’accompagner. Seulement, mes connaissances qui auraient pu être tentées par cette expérience avaient vu les vidéos et les photos que j’avais postées sur mes réseaux perso lorsque j’avais encaissé le cyclone Gamane, et j’ai eu beau expliquer que je voulais y retourner à la saison sèche, que cela n’aurait rien à voir, que ce serait infiniment plus facile (et ça l’a été), personne n’a voulu m’accompagner! Je pense que mes potes me prennent pour quelqu’un atteint de folie douce. Plusieurs m’ont dit: “t’es bien gentil, mais nous les vacances, c’est fait pour se reposer”.
J’ai vite compris que si je voulais refaire un road-trip à Madagascar, ça serait tout seul! Je me suis demandé si je n’allais pas un peu m’ennuyer en étant seul, et comme dans le même temps je m’étais remis très sérieusement à la photographie, l’idée de réaliser un projet photo s’est vite imposée. Je n’avais plus seulement un itinéraire, j’avais aussi un but!
Photo prise à Hell-Ville, Nosy Be.
J’ai décidé de repartir pour faire le trajet complet que nous avions prévu lors du premier voyage. Ainsi, je connaissais déjà une partie du trajet, ça faisait un bon mix entre le connu et l’inconnu. Je ne me voyais pas partir tout seul dans une région complètement différente. Madagascar est une terre de contrastes, d’une région à l’autre les paysages et les gens sont différents, vous pensez peut-être que je suis un aventurier courageux, mais pas tant que ça! Courageux mais pas téméraire, comme on dit. Je voulais juste changer mon point de départ et atterrir à Diego-Suarez, la ville que j’avais le plus appréciée la première fois, mais les prix des billets d’avion étaient délirants, j’ai donc pris un billet pour Nosy Be.
Mesdames et messieurs, demandez le programme, c’est exactement le même que lors du premier voyage, je suis routinier comme mon chat: atterrissage à Nosy Be, trois jours pour mettre en place mes moyens de paiement, acheter la moto, faire les papiers et l’assurer, puis départ pour l’aventure en solo!
Les étapes: Nosy Be-Ambanja, Ambanja-Ambilobe, Ambilobe-Vohémar, Vohémar-Sambava, Sambava-Antalaha, Antalaha-Vohémar, Vohémar-Ambilobe, Ambilobe-Antsiranana (Diego-Suarez). 15 jours de vacances à Diego, puis Diego-Ambilobe, Ambilobe-Ambanja, Ambanja-Nosy Be pour finir. 10 jours à Nosy Be en fin de séjour pour pouvoir revendre la moto.
Voici une carte illustrant le parcours prévu.
Jusqu’au dernier moment avant le départ et même une fois arrivé sur place, j’avais cette appréhension: “est-ce vraiment raisonnable de me lancer là-dedans tout seul? Si je tombe de la moto, il n’y aura personne pour me secourir”. Mais dès les premiers kilomètres, j’ai su que ça allait être génial.
Pour ceux que ça intéresserait, je vais bientôt vous écrire des mini-articles expliquant en détail pourquoi j’achète la moto au lieu de la louer, où vous pouvez acheter une moto, comment l’assurer, comment retirer de l’argent et payer avec votre téléphone à Madagascar, bref toutes les démarches pour lesquelles vous aurez bien du mal à trouver des infos fiables et précises sur internet.
Le 30 juillet 2025, j’atterris à Nosy Be en fin d’après-midi, après une escale dans l’horrible aéroport de Mayotte. J’avais gardé tous les numéros Whatsapp de tous les gens que j’avais rencontrés lors de mon premier voyage, aussi j’avais pu contacter en direct le patron de l’hôtel où j’avais décidé de passer les trois premiers jours de mon voyage. Il m’a envoyé un taxi à l’aéroport et une heure plus tard, je pouvais profiter d’un cocktail de bienvenue au bord de la piscine du Bungalow des Tropiques.
Un jeune sportif fait des exercices au sud d'Ambanja. Moi aussi j'ai fait du footing pour préparer ce voyage, mais sur les bords de Marne...
J’ai aussi pu contacter une vieille connaissance qui m’a dépanné de l’argent en attendant que je puisse mettre en place mes moyens de retrait, ce qui m’a permis de pouvoir me nourrir le premier jour! Bien sûr, vous pouvez échanger du cash à l’aéroport ou ailleurs, mais ce n’est pas vraiment le moyen le plus avantageux.
A moins de posséder une carte avec retraits gratuits à l’étranger, retirer des coupures au distributeur est fortement taxé, et dites-vous une chose: sans être un voyageur de luxe, vous avez tout de même le train de vie d’un occidental. Si vous retirez 500 euros au distributeur pour payer votre hôtel et vos dépenses courantes pour une semaine, que vous êtes dans une zone touristique où d’autres touristes font la même chose, alors très vite le distributeur sera vide. Rapporté au salaire moyen d’un malgache, c’est comme si tout le monde retirait 10.000 euros au distributeur de votre quartier en France. Et puis, à la moindre coupure d’électricité, ce qui arrive quotidiennement, les distributeurs ne fonctionnent plus. Vous n’avez pas envie non plus de vous balader avec des grosses sommes en euros et faire du change tous les quatre matins. La meilleure solution est d’ouvrir un compte Orange Money à l’aide d’une carte SIM malgache. Je vous expliquerai en détail dans un article dédié comment procéder.
Ce n’est que le lendemain matin de mon arrivée que j’ai pu mettre en place ce moyen de paiement qui m’a beaucoup servi tout au long du séjour.
Je devais tout de même effectuer un gros retrait à la banque pour ne pas exploser mes plafonds de paiement (un retrait avec Orange Money compte comme un paiement), car comme la première fois, j’avais décidé d’acheter une moto neuve au lieu de la louer.
Entre Ambanja et Ambilobe.
Là encore c’est bien plus rentable de faire un achat / revente si vous restez plus d’un mois sur place, là encore je vous expliquerai tout ça en détail dans un prochain article de blog. Comme la première fois, ma banque que j’avais pourtant prévenue a bloqué mon compte dès qu’elle a compris qu’une tentative de retrait était en cours à Madagascar. J’avais anticipé leur incompétence notoire en choisissant d’atterrir en milieu de semaine et pas juste avant un week-end où ils sont encore moins joignables que d’habitude.
Après ces quelques péripéties, j’ai pu acheter la moto comme prévu. J’ai acheté le même modèle que la dernière fois, une Bajaj Boxer 125HD une petite moto indienne réputée pour sa robustesse et sa fiabilité et qui m’a coûté 980 euros neuve. Il y a tout un tas de paperasses à faire pour être en règle, mais c’est pour la revendre que la lourdeur administrative se fait le plus ressentir, j’en parlerai une prochaine fois sinon cet article va devenir horriblement ennuyeux. Retenez simplement une chose de ce propos préliminaire: prévoyez trois jours avant de partir à l’aventure car il y a toujours des contretemps.
Mon moyen de transport pour les prochains 42 jours.
Deux grosses sacoches de chaque côté de la bécane et un sac bien sanglé!
Lors de mon premier road-trip en 2024 j’étais totalement “à l’arrache”, et cette fois-ci j’étais juste un peu “à l’arrache”. J’ai remplacé mes tendeurs élastiques par de vraies sangles, et j’avais acheté des sacoches étanches qui se fixent de part et d’autre de la moto, ainsi j’avais une bonne capacité d’emport. Par contre je n’avais toujours pas de combinaison de moto ni de chaussures de marche, j’étais en jean avec mes Van’s.
Le Bungalow des Tropiques a eu la gentillesse de bien vouloir garder ma grosse valise pendant presque un mois en attendant mon retour chez eux pour les 10 derniers jours que je passerai à Nosy Be.
Samedi 2 août 2025, 6h30 du matin, le village de Madirokely se réveille doucement, ma moto est sanglée, je suis prêt pour le départ! En route pour le port de Hell-Ville, à une petite demi-heure de route en y allant tranquillement. C’est assez difficile d’avoir une information précise de l’heure de départ des bateaux, si vous avez lu le premier article vous savez que les prévisions de départ peuvent changer du tout au tout! Tout le monde vous conseillera d’y aller très tôt pour être sûr de pouvoir embarquer.
Sur le bateau, en route pour Port Ankify.
Cette fois-ci la chance a été avec moi, j’ai trouvé un bateau immédiatement, j’ai réussi à esquiver les propositions (rémunérées) pour m’aider à grimper la moto sur la rampe d’accès, j’y suis monté tout seul, dans ce bateau! Et le départ a eu lieu presque immédiatement après mon embarquement. Efficacité maximale!
Dans le centre d'Ambanja.
Sur le bateau, je fais la connaissance de Nicolas et Dominique, deux français installés à Nosy Be depuis 20 ans et qui proposent des excursions en pirogue hors des sentiers battus, leur concept est unique et ils respirent la passion! Nous nous sommes immédiatement liés d’amitié, en nous promettant de nous croiser le soir même à Ambanja, la ville où nous nous rendions eux et moi.
Lors de mon premier périple, j’avais mis presque 3 heures pour parcourir les 25 km entre Port Ankify et Ambanja, tant les routes étaient dévastées. Cette fois-ci, rien de comparable, il m’a fallu moins d’une heure pour effectuer le même trajet. Avant midi, j’étais déjà à mon hôtel (le Vel Lodge, très bien).
Les mécanos d'Ambanja ont du pain sur la planche.
J’ai délesté la moto de ses bagages et je suis allé me balader à pied dans la ville. Ambanja est connue pour être une ville souvent noyée dans la poussière, mais en l’absence de vent ce jour-là, je n’ai pas trop eu cette sensation. Il y a une partie de la ville qui est franchement charmante avec des petites rues pavées très mignonnes.
Un magasin de pneus à Ambanja.
Les anciens veillent sur les plus jeunes (Ambanja).
Après cette petite promenade, j’ai de nouveau enfourché mon fidèle destrier pour une excursion au sud de la ville, à travers les plantations de cacao. La région produit un cacao de très grande qualité et il y a sans doute des excursions officielles à faire, mais moi je préfère me balader en solo et au hasard, quitte à louper des choses à voir. C’est la sensation de liberté qui me rend heureux, plus que de cocher des cases dans un parcours touristique.
Balade en moto au sud d'Ambanja.
Balade sur les pistes au sud de la ville, à proximité des plantations de cacao.
Je me suis arrêté à proximité d’une plantation qui semblait parfaitement déserte. Au sol étaient entassés une multitude de petits sacs contenant une poudre marron, et mon esprit de déduction hors pair m’a soufflé que c’était sans doute une matière en lien avec l’exploitation du cacao. Je me suis approché pour en avoir le cœur net lorsque deux mecs avec un regard soupçonneux ont surgis de nulle part. Ils avaient l’air de penser que j’étais là pour leur piquer leur Nesquik, moi qui ne boit que du café. Ensuite il ont vu ma dégaine et ma mobylette et ils en ont vite conclu que je ne représentais aucun danger. Ils m’ont confirmé que le contenu des sacs était bien du cacao.
La région d’Ambanja est vraiment magnifique. Plus tard, je ferai la rencontre d’un franco-malgache d’origine vietnamienne qui y organise des sorties en vélo. Le soir venu, Nico et Dom m’ont contacté pour que je les rejoigne de l’autre côté du pont au sud d’Ambanja, dans un petit bar où nous avons pris l’apéritif et continué de faire connaissance.
Cette femme vient à ma rencontre. Cela ne doit pas être simple d'habiter sur ce terrain en pente pendant la saison des pluies...
Une photo de ma série Gasy Stories, prise juste avant de rejoindre mes nouveaux amis de l'autre côté du pont.
C’est juste avant de les rejoindre que j’ai pu prendre une des photos de la série Gasy Stories. Si vous êtes de passage à Ambanja, j’ai deux adresses à vous indiquer pour vous restaurer: le restaurant de l’Hôtel Patricia et celui de l’hôtel Palma Nova. J’ai aussi rencontré deux jeunes gars qui étaient d’anciens militaires, qui bossaient maintenant pour la Colas (grosse boîte de BTP) dans la sécurisation des chantiers. À chaque fois que je rencontrais quelqu’un, j’expliquais que ma moto neuve serait à vendre à -25% du prix dans un gros mois, et au bout de deux jours de road-trip j’avais déjà deux ou trois acheteurs potentiels, donc la problématique de la revente ne me rendait pas vraiment inquiet.
Dès le lendemain matin, je me suis remis en route, direction Ambilobe. Si vous avez lu le récit de mon premier voyage, dans des conditions post-cycloniques, vous vous souvenez peut-être que l’étape Ambanja-Ambilobe avait été un enfer absolu, j’avais mis 7 heures pour relier les deux villes. Chat échaudé craint l’eau froide, je me suis donc levé très tôt, ne sachant pas à quoi m’attendre.
Surprise: la route est totalement neuve!
La nouvelle route n'a rien à envier aux routes européennes.
Certes, je me doutais bien que ce serait cette fois-ci beaucoup moins compliqué, mais j’ai été franchement surpris par l’extrême facilité avec laquelle j’ai effectué le trajet. J’ai mis moins de deux heures! J’étais presque déçu que cela soit si simple, mais en même temps j’étais heureux pour les malgaches de voir que leur réseau routier s’améliore. La route entre Ambanja et Ambilobe était toute neuve, un vrai billard.
La moto était encore en rodage et je devais faire attention de ne pas aller trop vite! En revanche, les deux ponts effondrés (Ifasy et Mahavavy) n’étaient toujours pas réparés 15 mois après le passage du cyclone. Des passages à gué avaient été mis en place, ce qui fait l’affaire pendant la saison sèche, mais j’imagine que ces passages sont impraticables lorsque les fleuves sont en crue.
Le passage à gué sur le fleuve Mahavavy.
L'église Saint-Joseph à Ambilobe.
Je suis arrivé à Ambilobe vraiment très tôt, tellement tôt que je ne pouvais pas encore check-in ma chambre. Comme à Ambanja, j’ai laissé mes bagages à la réception de l’hôtel et je suis allé me balader à pied dans les rues de la ville. J’ai vraiment une affection particulière pour Ambilobe, c’est vraiment spécial, je trouve qu’il y règne comme une atmosphère de Far-West. J’en ai déjà parlé dans mon premier récit.
Les rues d'Ambilobe.
La population est très accueillante. C’est dans cette ville que j’ai probablement fait mes meilleures photos. L’après-midi, j’ai tourné en moto dans la ville et dans la campagne proche, sans but véritable. Sans proches et sans repères! J’avais une petite enceinte Bluetooth accrochée au guidon et cela suscitait beaucoup de curiosité et de sourires, d’autant que je roulais en écoutant souvent de la musique malgache.
De ce que j’ai pu ressentir en me baladant dans cette région, c’est que l’afro-trap ou l’afro-pop moderne n’est pas encore trop écoutée là-bas, ils ont leurs musiques locales comme le salegy dont la star actuelle est Wawa Salegy, mais sinon ils sont très branchés raggamuffin et dancehall. Lorsque je repasserai à Ambilobe plus tard dans le séjour, j’aurai la chance de voir Basta Lion en concert, un des représentants les plus connus du dancehall malagasy.
Balade en ville, Ambilobe.
Des rencontres variées dans les rues d'Ambilobe.
J’ai aussi pu voir Ngiah Tax Olo Fotsy en live, j’aime bien! Parmi les musiciens de la scène actuelle, on peut citer Rim-Ka, Shyn, Lion Hill, Annicette, Madmax. J’aime bien aussi GaEi, écoutez son EP qui s’appelle Na Lingi, c’est une fusion de plusieurs styles, c’est assez “love”, il mélange des paroles en malagasy, français et anglais, c’est très bien produit.
En dehors des musiques locales, j’ai eu l’impression que les malgaches, qui ont une population très jeune, aiment bien le rap moderne du style drill anglaise (Central Cee par exemple). Ils connaissent certains artistes de la scène française comme Ninho ou Theodora. De temps en temps, je mettais Dolce Camara à fond sur ma moto: pas vraiment de réactions. Booba, qui a à peu près le même âge que moi, c’est pour les vieux! J’ai eu droit à quelques pouces en l’air en écoutant des tubes reggae roots comme One Step Forward de Max Roméo. Voilà pour cet aparté musical, si vous voulez ressentir l’atmosphère d’Ambilobe, allez écouter le morceau éponyme de l’artiste local qui s’appelle Rival.
Dans le centre d'Ambilobe.
J’ai bien aimé sortir seul le soir dans les quelques bars d’Ambilobe. Les quelques touristes présents dans la ville pour aller visiter le parc national d'Ankarana restent pour la plupart enfermés dans leur hôtel. On peut citer le Nana Bar en face de la station-service Jovena, il y a deux établissements qui se touchent, tout le monde est très sympa. L’un des deux établissements propose de la cuisine à base de viande sauvage comme la roussette. Ils m’ont proposé de goûter mais j’ai poliment refusé en apprenant que c’était de la chauve-souris. Je testerai un jour, mais le lendemain je devais être en forme car je projetais d’aller visiter Ankarana, je ne voulais pas prendre le risque de mal digérer quelque chose de nouveau pour mon fragile estomac de vazaha.
Le soleil se couche et il est temps d'aller voir ce qui se passe dans les bars d'Ambilobe.
À la terrasse du Métis, un gars est tellement éclaté qu'il a fini par tomber et dormir sur place. Heureusement, il n'a pas fait tomber ma moto.
Je suis aussi allé au bar Le Métis, situé sur la route de Vohémar, j’ai bien aimé l’ambiance. N’y allez pas trop tard car quand les gens commencent à être alcoolisés, ça peut potentiellement être un peu chaud. Il y avait quelques mecs qui étaient déjà complètement cuits lorsque j’y suis passé.
Niveau restauration, je vous ai déjà parlé dans mon premier récit du restaurant Ke-Ka-Sha qui est une valeur sûre. Je peux aussi vous conseiller le restaurant Le Passage, où j’ai été formidablement accueilli. La cuisine y est très bonne. Le Passage est situé sur le RN6, lorsque vous partez du Kozobe Hôtel pour aller en centre-ville, il est à 5 minutes à pied sur le trottoir de droite. Beaucoup de vazahas vous diront de ne jamais manger de viande crue à Madagascar mais moi j’adore tout ce qui est cru, alors du coup j’ai commandé un tartare de zébu et je n’ai eu absolument aucun problème.
J'aime me balader le soir à Ambilobe.
La cuisine du restaurant Le Passage.
Pendant tout le voyage je me suis envoyé des carpaccios de poisson ou de zébu et je n’ai jamais été malade. A Diego-Suarez j’ai mangé des huîtres, nickel. Je n’ai jamais trouvé de sushis dans aucune des villes que j’ai visité, mais on ne vient pas à Madagascar avec cet objectif.
Une petite gargote la nuit à Ambilobe.
Une rue du centre-ville, la nuit.
Le lendemain de cette tournée des Grands Ducs, je me suis réveillé un peu plus tard que prévu, d’autant que j’avais peu dormi à Ambanja du fait de la chaleur et des coupures d’électricité. J’ai pris la moto direction Ankarana où je projetais de visiter le parc national, mais cette fois-ci une partie de la route était assez compliquée et je suis arrivé sur place vers 11h30 du matin.
Ambilobe by night.
Les grandes plaines malgaches entre Ambilobe et le parc national d'Ankarana.
Les guides qui m’ont accueilli m’ont annoncé une marche de 4h dans le parc, ce qui m’aurait fait revenir à la moto vers 16h, j’avais mis deux heures pour faire le trajet aller, j’ai donc jugé que c’était un peu juste pour être sûr de ne pas me faire surprendre par la nuit et j’ai remis cette visite à plus tard. Ambilobe étant situé à un carrefour stratégique, je savais que j’y repasserai plusieurs fois. Ankarana attendra!
Je suis rentré à Ambilobe pour y faire de la street photo. Cette expédition avortée m’aura tout de même permis de faire une belle balade à moto. Je me suis couché tôt le deuxième soir à Ambilobe car le lendemain, je partais pour l’inconnu: Vohémar et la côte Est ! Affaire à suivre…
